AMENAGEMENT DE LA FAUNE, seconde édition |

Chapitre 5 :Télédétection et aménagement de la faune. 



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      par
    Padomou Moucharaf, spécialiste de la télédétection appliquée à l'aménagement des ressources naturelles. Enseignant à l'institut pédagogique pour le développement/ Afrique Occidentale Française, IPD/AOF, Ouagadougou, Burkina Faso.

 
Sommaire
   5.1. Introduction générale
   5.2. Principes de collecte des données par la télédétection
   5.3. Système d'information géographique (SIG)
   5.4. Travaux pratiques          
               

    Objectifs

    Ce chapitre 5 permet à l'apprenant de découvrir l'importance de l'application de la télédétection d'une part pour la collecte des données et d'autre part pour la cartographie de l'habitat de la faune à l'aide du SIG (système d'information géographique) ; le logiciel Arc View y est explicitement introduit. En outre ce chapitre a pour but de sensibiliser les écologues et aménagistes sur l'importance de la dimension habitat dans l'analyse des données d'inventaire et dans la gestion de la faune en général.

    Prérequis
    Connaissances générales en Physique et une bonne maîtrise de la cartographie.

5.1. Introduction générale


    La télédétection aérospatiale et les techniques qui lui sont associées à l'instar des systèmes d'information géographiques (SIG), du système de positionnement global (GPS) et de la cartographie procurent de nos jours une nouvelle vision dans le domaine de la technologie de l'information au service du développement. Ils permettent la collecte, l'analyse et la production d'information devant servir à comprendre les changements intervenus sur notre environnement et nos ressources naturelles dans le temps et dans l'espace. Depuis plusieurs décennies, dans les pays en développement comme dans les pays développés, ces outils occupent une place très importante dans les projets et programme de développement. La télédétection spatiale par l'entremise des satellites d'observation de la terre permet de recueillir les informations les plus récentes, les plus exactes sur n'importe quelle zone de notre globe pour pouvoir connaître l'état des ressources naturelles et prédire voir influer sur leur évolution. Bien qu'elle soit un outil d'inventaire et de prospection qui réponde au mieux aux problématiques du développement, elle ne peut suffire à elle seule à fournir toutes les informations nécessaires. De ce fait, des mesures au sol sont indispensables pour compléter ces techniques spatiales telle que le système de positionnement global (GPS) qui permet de positionner tout point sur la surface de la terre et de localiser aussi les lieux à partir de leurs coordonnées géographiques et d'autres outils comme le système d'information géographique (SIG) pour l'analyse et la gestion et enfin la cartographie pour rendre compte de l'organisation spatiale des ressources dans le milieu naturelle. La synergie entre la télédétection et les SIG facilite donc la collecte, l'analyse, la production d'informations fiables, précises, à temps réel et économiques pour une bonne gestion de ces ressources. En effet, l'observation de la planète terre par les satellites qui évoluent à des centaines de kilomètres d'altitude offre de nos jours l'opportunité de traiter toutes les informations relatives à diverses thématiques telles que la gestion des ressources naturelles, les études d'impacts environnementales, l'aménagement des parcs fauniques et zones forestières, le suivi et la surveillance des inondations. L'approche de cette technique (télédétection) se veut fondamentale car elle examine la nature des informations contenues dans l'objet et dans l'image numérique fournie.
    Une fois ces données géographiques fournies par la télédétection collectées, il y a lieu de les stocker, les gérer, les analyser et les restituer sous formes cartographiques et analytiques ; cette phase fait appel à un SIG qui est un outil informatique qui répond à toutes ces fonctions.
    Vu la dégradation persistante de nos ressources forestières et fauniques, il nous semble capital d'intégrer ces outils dans les projets et programmes d'aménagement et de gestion des ressources naturelles afin de renverser cette tendance. Ces outils (télédétection, SIG et Cartographie) doivent être perçus comme outils de production et de gestion des informations géoréférencées et aussi comme outils de politique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.
    Le thème de notre contribution que nous pouvons intituler " géoinformation au service de l'aménagement de la faune " est structuré en deux parties : une première partie est à caractères conceptuels autour : i) de la télédétection aérospatiale qui est la source des données spatiales collectées, ii) des systèmes d'information géographique qui permettent l'élaboration de la base de données numériques, l'analyse et la restitution des données géoréférencées et une deuxième partie qui est d'ordre pratiques et qui présente des exercices pouvant répondre à des questions concrètes sur la méthode de collectes des données de terrain pour l'aménagement de la faune.
    Pour nous résumer, la production des données dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pauvreté pour un développement durable est d'une importance capitale surtout pour les pays en voie de développement. La collecte et la production de ces données (informations) à références spatiales doivent être à caractères saisonnier qui puisse permettre par exemple la gestion à temps réel des ressources naturelles à tous les niveaux. La réalisation de ces préalables à un développement durable passe par l'utilisation des outils d'investigation et d'acquisition des données spatiales comme la télédétection et par celle des outils de gestion, d'analyse et de restitution comme les systèmes d'information géographiques (SIG) et le GPS.
    La télédétection et ces outils qui lui sont associés permettent d'observer les problèmes environnementaux, de les comprendre, de poser les diagnostics sur leur état de dégradation ou de fragilité dans le but de bâtir des scénarii pour prévoir leur évolution dans le temps. Leur utilisation pour l'aménagement de la faune peut faciliter une gestion efficace de la faune et de son milieu physique. La synergie entre ces outils facilite l'acquisition de l'information de manière fiable, précise, rapide et "économique. Leur apport dans l'aménagement et la gestion des ressources naturelles est donc d'une importance capitale dans la mise en œuvre des politiques de développement.

 5.2. Principes de collecte des données par la télédétection


 Définitions


    La télédétection est définie comme un ensemble de techniques qui contribuent à partir de l'espace à l'acquisition et au traitement des informations acquises sur l'environnement, sur les ressources naturelles et leur évolution dans le temps et dans l'espace et de les restituer sous forme d'image. Au sens général elle peut s'entendre aussi comme le processus qui permet l'acquisition des informations sur un sujet sans qu'il y ait contact avec le sujet. Elle fournit des données fiables, synoptiques et à temps réel, qui sont des informations de base pour un inventaire, un aménagement, et une surveillance (suivi), aux fins d'une gestion rationnelle des ressources naturelles et de l'environnement. Au regard des avantages qu'elle procure, on peut dire qu'elle est un outil de gestion de l'espace. Ainsi, on a deux types de télédétection : la télédétection passive ( à partir du rayonnement solaire) et la télédétection active (à partir du rayonnement émis par une source monté à bord du vecteur).
    La figure 30 ci-dessous donne un aperçu des différents niveaux d'acquisition des informations qui s'opère : (i) à partir du sol à l'aide d'un radiomètre portable qui mesure les valeurs spectrales (réflectance) des objets à une hauteur variant entre 1 et 4 mètres, (ii) à partir d'un avion volant à basse altitude (1500 à 2000 mètres) à l'aide d'un appareil photographique monté à bord du vecteur et enfin (iii) à partir d'un satellite d'observation terrestre évoluant à très haute altitude ( 800km - 36.000km))
    
    
    Figure 30 : Différents niveaux d'acquisition des données spatiales par télédétection aérospatiale.

Principe d'acquisition des informations


    Les principes fondamentaux de la télédétection aérospatiale sont basés sur l'énergie qui est mesurée et comment la mesure est faite (figure 31).
       Capteur à bord d'un vecteur
    SOLEIL
    Energie incidente  
    Energie réfléchie
    Energie transmise
    
   
    Figure 31 : Principe d'enregistrement des information.
 
   Les informations qui sont enregistrées à l'aide d'un appareil photographique monté à bord d'un avion ou de radiomètres à balayage monté à bord des satellites, sont véhiculées à travers un ensemble de rayonnement provenant soit du soleil ou d'une autre source de lumière (radar). Ces rayonnements et leurs propriétés constituent les ondes électromagnétiques (OEM).
    La Figure 31 ci dessus illustre le principe d'acquisition des informations par la télédétection passive qui est basée sur la mesure de la grandeur physique du rayonnement du soleil réfléchi. Ce rayonnement du soleil (énergie incidente) qui atteint l'objet se fractionne en plusieurs parties, dont : une partie qui est absorbée par l'objet (énergie absorbée), une autre partie qui passe à travers l'objet (énergie transmise) et une partie qui est réfléchie par l'objet dans l'espace (énergie réfléchie). Une partie de l'énergie absorbée est aussi émise par l'objet et s'intègre dans le bilan d'énergie qui sera enregistré par le capteur au même titre que l'énergie réfléchie. C'est la somme de l'énergie émise et réfléchie qui caractérise donc l'objet sur lequel les informations sont collectées.
    En télédétection, les informations sont enregistrées dans le spectre du visible (0,49 - 0,7 µm) à l'infrarouge thermique en passant par le proche-infrarouge ( 0,78 - 0,89 µm)
    Comme l'énergie réfléchie est soumise à divers obstacles sur son parcours ( poussière, nuages etc.) on utilise volontiers la notion de réflectance ou de valeurs radiométriques en télédétection pour désigner cette énergie (signal) qui est enregistrée par les capteurs. On définit alors la réflectance comme le rapport du flux de l'énergie réfléchie par le flux de l'énergie incidente. Cette réflectance dont la valeur est inférieure à 1, caractérise le comportement spectral de tout objet

Caractéristiques d'une image satellite


    Le contenu d'une image de télédétection est fonction de trois types de variables qui permettent de faire un bon choix en fonction de la thématique à étudier (végétation, eau et sols). Ces variables sont :
    "   Les variables spectrales qui définissent le choix des longueurs d'ondes dans lesquelles les informations sont enregistrées et mieux perçues à partir de leurs signaux
    "   Les variables spatiales qui définissent la localisation de l'image et les éléments qui la composent ( résolution au sol et dimensions de la zone traitée)
    "   Les variables temporelles qui définissent le moment (période), la durée de l'enregistrement et la répétitivité

Satellites héliosynchrones actuels

    Les satellites d'observation terrestre actuels produisant des données relatives à l'environnement, aux ressources naturelles sont entre autres : Landsat (Américain) avec des radiomètres TM et ETM+, SPOT (Français) 4 et 5 avec des radiomètres HRV1, HRV2, et Végétation ; IKONOS (Américain) 1 et 2 ; QuickBird ; EROS A1 ; et Orb View 3.

Caractéristiques des photographies aériennes

    Les photographies aériennes sont des supports issus de prises de vues à partir des avions. Les vues sont prises à basse altitude de 1000m à 2500 m dans les conditions suivantes :
    "   Altitude constante
    "   Prises de vues verticales
    "   Recouvrement longitudinal de 50 à 60% entre les prises successives
    "   Recouvrement latéral de 10 à 15 % entre les lignes (bandes)
    N.B : On appelle Mission, l'ensemble des photographies de couverture aérienne sur une zone déterminée
    On appelle Bande photographique, l'ensemble des photographies prises sur une même ligne.

Traitement des données de télédétection


    Il existe deux modes de traitement des données de télédétection
    "   Traitement visuel ou analogique
    Il consiste à interpréter (extraire les informations) visuellement les photographies aériennes à l'aide des stéréoscopes ou les images satellites sur des supports papier, suivant les principes de la photo-interprétation
    "   Traitement numérique
    Il consiste à interpréter des images enregistrées sur supports numériques à l'aide d'un logiciel adapté aux caractéristiques du radiomètre. C'est une méthode assistée à l'ordinateur qui fait appel à l'exploitation de quelques connaissances en informatique.
    L'approche méthodologique du traitement numérique que nous proposons est basée sur les étapes suivantes :
    "   Correction géométrique et radiométrique des images
    "   Rehaussement des images par analyse de la texture de l'image
    "   calcul des images arithmétiques
    "   ré étalonnage et mosaïquage lorsqu'il s'agit de plusieurs scènes d'images
    "   ajustement des images aux limites de la zone d'étude
    "   sélection et construction des néo - canaux (combinaison des canaux décorrélés : composition colorée ; indice de végétation ; indice de brillance)
    "   délimitation à l'écran des aires d'entraînement
    "   test de séparabilité
    "   classification supervisée des unités d'occupation
    "   analyse de la matrice de confusion
    "   filtrage
    "   vectorisation des résultats de la classification sous un logiciel SIG (Arc view)
    "   construction de la base de données numériques
    "   composition et restitution cartographique
    Les logiciels de traitement d'images courant sont : ERDAS-IMAGINE, GEOVIS/LCCS, ILWIS, WINCHIPS, PCI, IDRISI. Pour la gestion des bases de données stockées, les logiciels les plus utilisés sont : ACCESS, VISUAL BASIC. Le transfert de données collectées au GPS sur le terrain peut se faire avec le logiciels OZIEXPLORER

Principe de la photo - interprétation


    La photo-interprétation repose sur les connaissances et le savoir-faire de l'interprétateur, mais aussi sur des contrôles à priori et/ou à posteriori des relevés de terrain. Elle consiste à l'exploitation visuelle d'une portion ou de l'ensemble des photos/images satellite suivant une approche qui s'appuie sur les critères d'identification des éléments et fondée sur les notions de textures (tailles, formes, tonalité, couleur, position géographique etc..) et de structures (répartition spatiale). On pourra par exemple tenir compte aussi de la position des isohyètes (aires climatiques) qui donnent des indications sur la présence de certaines espèces végétales
    Il s'agit d'une démarche plus ou moins complexe d'analyse et de synthèse conduisant à une reconnaissance plus ou moins stricte des objets sur les photographies ou les images satellite..
    Elle ne peut être isolée de l'objectif thématique poursuivi. Il est préférable que l'interprétateur soit lui - même un spécialiste du thème étudié.
    Cet exercice consiste d'une par à reconnaître et à délimiter approximativement des unités homogènes du paysage de l'occupation des terres qui représentent une certaine spécificité et d'autre part à rechercher des corrélations entre l'un et l'autre des caractères des unités identifiées. De cette photo interprétation découlent des produits cartographiques thématiques tels que : des cartes d'occupation des terres, de végétation (inventaire et gestion des ressources forestières), des ressources en eau (inventaire des plans d'eau, implantation des forages et des sites de barrages), d'indice de végétation, de linéaments, etc. (figure 32).
                 
    
    Figure 32 : Principe de la photo-interprétation pour une cartographie thématique.

 Réponses spectrales de la végétation et de l'eau


    Dans cette séquence nous allons présenter les éléments des ressources naturelles à prendre en compte dans l'aménagement de la faune. Il s'agira ici d'avoir des notions sur l'identification de ces éléments figurant sur les supports de télédétection (photographies aériennes et images satellite). Parmi ces ressources nous pouvons évoquer les ressources végétales et les ressources en eau de surface qui sont fondamentales pour la survie de la faune. Pour caractériser par exemple le comportement des végétaux, on utilise les supports enregistrés dans le visible ou le proche infrarouge. On retiendra que dans les longueurs d'onde du visible [bleu (0,45 - 0,52) ; vert (0,5 µm - 0,59 µm), rouge ( 0,61 µm - 0,68 µm)], la végétation active absorbe le rayonnement et apparaît en gris foncé sur les supports en noir/blanc (image et photos aérienne), et en magenta ou rouge vif suivant sa densité et sa position sur les supports en composition colorée. Dans les longueurs d'onde du proche infrarouge( 0,78 - 0,89 µm) la végétation réfléchit les rayonnements et apparaît en gris clair variable sur les supports (image et photos aérienne) noir/blanc.
    L'eau pure quant à elle, absorbant toutes les radiations des ondes électromagnétiques, apparaît en noir ou gris foncé sur les photos aériennes et sur les images satellite N/B.
    Sur les supports en composition colorée, l'eau apparaît en noir ou en bleu suivant sa qualité.
    Il est à noter que la période d'acquisition des images / photographies aériennes est capitale car elle doit être compatible avec la reconnaissance (observation) du couvert végétal. Pour une bonne gestion de la faune, il est important de connaître l'état des ressources végétales et en eau dans l'espace habité par cette faune. A ce titre, il y a lieu d'évaluer le potentiel et la sensibilité de chacun des indices de végétation pour décrire la vigueur et la densité de la biomasse verte (figure 33).
    
    
    Figure 33 : Image (SPOT) en composition colorée du barrage de Loumbila (Burkina Faso) et ses environs

Préparation et collecte des données de terrain


    Il s'agit dans cette séquence d'aborder la phase pratique des travaux de terrain qui permettra de faire la connaissance sommaire de la typologie des unités de paysage et de caractérisation de la végétation qui doivent faire l'objet de cartographie.

Préparation
    Le préalable à cette étape consiste à préparer un certain nombre de documents et matériels.
    On doit acquérir d'abord les documents géoréférencés concernant la zone d'étude tels que : cartes topographiques à grande échelle, les photographies aériennes ou images satellite, les cartes thématiques liées à l'objectif de l'étude.
    Ensuite il faut envisager le matériel de bureau à amener, tels que : les fiches de description des profils et des sites de références, les stéréoscopes de poche, les crayons, les bics, les crayons dermo pour tracer les transects sur les photographies aériennes, les rubans adhésifs, etc. Enfin les matériels de terrain à savoir : un GPS, les topochaix /corde, un ruban métrique pour mesurer les placeaux, un marteau et les piquets en fer.

Collecte des donnés sur la caractérisation du paysage et de la végétation
    Elle se fera suivant des transects qui permettront de faire des levés sur les placettes rectangulaires afin de caractériser les strates herbacées et ligneuses (figure 34). La taille et le nombre de placettes seront fonction de la densité du couvert végétal et de son homogénéité. Les paramètres suivants seront relevés :
    -   le nom scientifique de l'espèce
    -   le nom local de l'espèce
    -   la hauteur de l'espèce
    -   la valeur nutritive de l'espèce
    -   la circonférence
    -   l'état sanitaire
    -   l'état phénologique
    -   recouvrement
    Des informations concernant l'occupation des terres et le paysage géomorphologique seront aussi portées sur les fiches de description analytique qui seront remplies sur le terrain au fur et à mesure que les levés sont faits. Chaque placette ou site de référence doit être aussi levé au GPS qui est un appareil récepteur qui, à partir du repérage d'au moins trois satellites, permet de positionner tout point sur la surface de la terre et de localiser aussi les lieux à partir de leurs coordonnées géographiques
    
    
    Figure 34: Positionnement des transects à lever sur une image satellite SPOT CC Ouagadougou et ses environs.

    5.3. Système d'information géographique (SIG)


    5.3.1.   Intégration des données collectées dans un SIG


    Cette étape concerne la mise en commun des données spatiales issues du traitement des images et de la photo-interprétation d'une part et des données de terrain d'autre part. Pour ce faire ces données tant analogiques que numériques seront intégrées dans le système d'information géographique (SIG) sous Arc View pour construire la base de données à référence spatiale sur la végétation et l'occupation actuelle des terres. Les informations concernant le réseau hydrographique et les voies de communications seront extraites de la Base Nationale de Données Topographiques (BNDT) à l'échelle du 1/100.000 et celles sur les localités et les limites administratives de la zone d'étude, extraites de la Base de Données des Localités du Burkina (BDLB)
    Ces données peuvent sont superposées, croisées et gérées pour des sorties cartographiques et/ou analytiques sous le même logiciel Arc View.
    On retiendra que l'utilisation de la chaîne opérationnelle télédétection-SIG va surtout permettre d'une part de fournir une base de sondage rigoureuse et à jour pour des enquêtes statistiques et d'autre part de mesurer la croissance spatiale des habitats des animaux en vue d'une politique d'aménagement et de gestion de la faune .

 5.3.2. Qu'est ce qu'un Système d'Information Géographique (SIG) ?


    Il existe plusieurs définitions des Systèmes d'Informations Géographiques Toutes ces définitions font ressortir les fonctionnalités que doit avoir un SIG à savoir :
    -   l'acquisition des données/ Stockage des données
    -   le traitement analytique de l'information/données
    -   l'affichage de l'information/données
    -   gestion de l'information.
    Pour résumer, " un système d'informations géographiques est un système informatique de matériels, de logiciels et de processus pour permettre la collecte, la gestion, la manipulation, l'analyse, la modélisation et l'affichage de données à référence spatiale afin de résoudre les problèmes complexes d'aménagement et de gestion. " (Comité Fédéral de Coordination inter-agences pour la cartographie numérique FICCDC 1988).
    Les données sont structurées en base de données selon un modèle conceptuel de données (modèle d'organisation de données ). Elles sont gérées par un Système de Gestion de Base de données (SGBD) et un Système de Gestion de Données Localisées (SGDL) qui assure la gestion et l'exploitation de la base de données (saisie, extraction, mise à jour), les fonctions de recherche spatiale (inclusion, intersection, plus proche voisin) et la gestion aux droits d'accès.
    les composantes structurelles d'un SIG sont (figure 35):
    "   Le matériel (micro-ordinateur et toutes ses périphéries (scanneur, imprimante, etc.).
    "   Les logiciels.
    "   Les Données.
    "   L'organisation des hommes.
    "   Les procédures.
    
    
    Figure 35 : Schéma des composantes d'un SIG.
    Dans la variété de logiiels de SIG ( ArcInfo, MapInfo, Géoconcept, StarCarto, Apic, etc.) , le logiciel Arcview s'est imposé comme un standard et il est compatible en termes d'échanges de données avec la majorité des produits SIG du marché. De nombreux producteurs de données livrent leurs jeux de données au format Arcview (fichiers ShapeFile).

5.3.3. Présentation du logiciel ARCVIEW et de ses outils

    Le logiciel de systèmes d'information géographique Arc-view est devenu le logiciel cartographique et le SIG bureautique de référence. Il est édité par l'entreprise ESRI qui est le leader mondial des logiciels de SIG. Arcview apporte la référence spatiale et permet d'exécuter des requêtes que les systèmes de gestion de bases de données relationnelles type Access ou Oracle réaliserait difficilement. En effet l'algorithmique géométrique de ce logiciel permet de calculer les relations de voisinages, d'intersection, etc
    Ce logiciel de SIG Arcview requiert beaucoup de pratique pour une utilisation aisée de ces fonctions
    Une classe d'objets est représentée dans Arcview par un thème. Exemple : le thème des départements, les thèmes des écoles, etc.
    Chaque thème est représenté soit par des points, soit des arcs ou des polygones.
    Le principal fichier d'exécution sous Arc-View est intitulé " Projet". Il est constitué d'un fichier de projet (Nom_projet.apr) qui stocke les références d'accès aux sources de données sur le disque de votre machine et vous permet de sauvegarder le travail effectué sur vos données. Néanmoins, un projet ne contient ni des cartes, ni des fichiers de données, il conserve les liens, les chemins vers ces fichiers.
    Cela permet d'utiliser les mêmes données dans un nombre illimité de projets sans duplication de celles ci.
    Un projet se compose de (figure 36)
    -   Une ou plusieurs vues : Une vue est représentée par une fenêtre qui permet de visualiser les données cartographiques, de les sélectionner, etc
    -   Les tables : elles contiennent l'information descriptive ou géométrique de l'objet géographique
    -   Les diagrammes : ils permettent de représenter les données sous forme de tableaux, de courbes, de camemberts, etc.
    -   Les mises en pages ou Layouts : Il s'agit de la représentation cartographique des données, la réalisation de la carte ( logo, carte de la vue, échelle, etc )
    -   Les scripts : il s'agit de programmes en langage Avenue qui permettent de personnaliser l'interface, développer des outils qui n'existent pas directement sous Arcview, etc.
    L'ouverture d'un nouveau projet, d'un projet existant ou de la sauvegarde d'un travail s'effectue à partir du menu File qui contient les différentes options.
    
    
    Figure 36 : Les Composantes d'un Projet sous Arc- View
   
Les différents éléments d'un projet disposent chacun d'une interface spécifique (menus, outils, outils etc. ) .
    Pour définir par exemple une vue, cliquer sur l'icône de la " vue " dans la fenêtre du projet puis sur l'outil " New ". Une vue est définie avec un numéro itératif : vue 1, vue 2, etc.
    La fenêtre principale de travail sous Arcview est la fenêtre de la Vue sur la figure 37 ci-dessous:
    
   
    Figure 37 : Fenêtre Arcview.
 
   La fenêtre d'Arc-view contient notamment un menu Vue ou View selon la version d'Arc-view ( Française ou Anglaise) avec des sous menus.. En pointant le curseur sur un outil, le logiciel affiche une étiquette indiquant la fonction de l'outil ainsi qu'un texte en bas de page décrivant cette fonction (exemple outil de requête sur la figure 37)

Description des principaux outils sous Arcview dans une vue

    Les principaux outils dans une vue sous Arc-View sont :
    a) Les outils de sélection
    
   
    b) : Les outils de zoom
    
   
    c) Autres outils
    
   

    5.4. EXERCICES PRATIQUES

    Dans cette partie de notre intervention, nous présentons deux exercices. Le premier est relatif à la photo-interprétation qui précède la vérification terrain et la collecte des données de caractérisation, le deuxième constitue l'élaboration de la carte thématique à partir du logiciel Arc View et manuellement

 Photo-interprétation

    La réalisation de cet exercice nécessite au moins six heures pour un débutant. Il a pour objectif d'apprendre à reconnaître les principaux éléments de l'occupation des terres sur une photographie aérienne, de délimiter les différentes unités paysagiques et géomorphologiques et enfin de faire des analyses déductives logiques sur le fonctionnement du milieu physique aux fins d'un aménagement de la faune. Les matériels nécessaires à cette photo-interprétation sont :
    "   trois clichés (photo aérienne) d'une zone du parc d'Arly à l'Est du Burkina à l'échelle du 1/50.000. Ces clichés peuvent être acquis à l'IGB
    "   un stéréoscope de poche ou à miroir par personne ou par binôme
    "   la carte topographique de la zone d'étude à l'échelle du 1 /50.000 ou à défaut au 1/200.000
    "   la carte de la végétation de la zone ou du Burkina
    "   crayon dermo gras
    "   papier calque transparent ou film transparent
    "   un paquet de feutre lumocolor ( mine fine)
    "   scotch papier, gomme à papier, règle graduée
    Enoncé
    A partir des critères d'identification des éléments constitutifs d'une photo aérienne, il est demandé :
    1.   d'identifier les différents éléments de la géomorphologie de l'espace à aménager sur la photo ( relief, bas-fond, réseau hydrographique, etc.)
    2.   d'identifier les principaux types de couvertures végétales ( champs, la végétation naturelles, les plantations, la végétation des reliefs etc.)
    3.   d'identifier le réseau routier, les habitats et agglomérations, les plans d'eau
    4.   préciser la caractérisation des différents types de végétation
    5.   comment expliquez-vous la différence de tonalité de la couverture végétale sur les photo-aériennes ?
    6.   quelles sont les informations à collecter lors de la caractérisation de la couverture végétale ?
    7.   comment appelle-t-on les parcours que vous effectuer pour les levés des sites de collectes d'informations sur la végétation et la faune?
    8.   d'identifier et de tracer les différents parcours à effectuer lorsque vous devez sortir sur le terrain pour la collecte des données
    9.   reporter sur le papier calque transparent les différentes unités d'occupation du paysage (utilisez différentes couleurs ou trames pour la représentation de la légende)
    N.B. Le document que vous obtenez durant la phase de la photo-interprétation est appelé " épreuve minute " et servira à la cartographie.

. Cartographie

    La cartographie étant la science qui permet d'établir des cartes, c'est à dire de représenter sur un support plan une partie de la surface de la terre, son élaboration doit faire appel à des spécialistes des sciences de la terre car elle exige de représenter des phénomènes géographiques à partir des données spatiales et géoréferencées qui ont été collectées à partir de diverses sources. Il existe pour ce faire deux méthodes d'élaboration des cartes, à savoir :
    ¢   la méthode analogique ( tracé à la main)
    ¢   méthode numérique à partir d'un SIG
    La méthode analogique consiste à élaborer la carte thématique à partir des outils de cartographie ( crayon à papier, règle, nomographe, plumes Rotring, papier calque transparent). L'élaboration de la carte doit être faite dans les règles de l'art sans complaisance
    La méthode numérique est une méthode assistée à l'ordinateur à partir d'un logiciel de SIG ou tout autre logiciel de cartographie. Cela ne signifie pas que la cartographe ne doit pas se conformer aux règles et normes cartographiques car l'ordinateur n'est pas sensé exécuter ces exigences à votre place.
    Cartographie analogique
    Dans l'élaboration de la présente carte nommée " Carte d'occupation et d'utilisation des terres ", on vous demande :
    "   quels sont les différents éléments constitutifs d'une carte thématique ?
    "   de délimiter sur du papier calque l'espace cartographique
    "   de superposer sur ce papier calque l'épreuve minute issue de la photo-interprétation
    "   de représenter toutes les unités qui ont été identifiées lors de la photo-interprétation
    "   de représenter les différents éléments de la légende par des trames
    "   de finaliser l'élaboration de la carte par un habillage définitif dans la stricte rigueur cartographique
    Cartographie assistée
    A partir du logiciel Arc View qui associe des entités localisées et leurs attributs dans des thèmes différents, on vous demande de concevoir une carte thématique et l'éditer. A cet effet les principaux outils à utiliser sont : "Vues géographiques et Thèmes - Add theme"
    Pour y parvenir vous devez :
    "   créer et numériser des thèmes ( données issues de la photo-interprétation et de terrain)
    Rappels
    Thème ArcView
    Le thème ArcView représente un ensemble d'objets géographiques réels sous forme d'entités cartographiques dotées d'attributs. Chaque thème a un nom et une légende comportant un ou plusieurs symboles servant à l'affichage des entités du thème. Le thème est représenté par des points, des arcs ou des polygones.
    Vues
    Une vue se compose de plusieurs thèmes et il est possible d'afficher sur une même vue différents thèmes couvrant la même zone géographique.
    Fenêtre et interface d'une vue
    La fenêtre de la vue comprend deux parties : La table des matières et la zone
    d'affichage géographique. La table des matières affiche la liste des thèmes de la vue et la légende de chaque thème. La zone d'affichage géographique présente sur une carte les entités d'un ou plusieurs thèmes. L'interface utilisateur d'une vue comprend les menus, boutons et outils nécessaires pour effectuer les opérations permettant de manipuler et d'exploiter les vues et les thèmes (voir exemple ci-dessous).
    
    
                    Figure 38: Interface utilisateur d'une vue.
   
"   Procéder à la mise en page et à l'édition qui passent par :
    :
    o   la mise à l'échelle de la vue :
    o   l'affichage des différents thèmes interprétés
    o   l'activation les thèmes retenus
    o   la symbolisation des thèmes qui s'affichent par des trames ou des couleurs en utilisant la fenêtre de la légende
    o   l'élaboration des requêtes ( à savoir sur les attributs et par thème) sur les données collectées
    o   l'édition de la vue qui apparaît à l'aide de l'outil "mises en pages ou Layouts"
    Pour la mise en page avant l'édition, la procédure est la suivante :
    "   incorporer la vue qui s'affiche à la mise en page
    dans le menu, choisir le fichier Print set up puis, dans la boîte de dialogue qui s'affiche, cliquez sur le modèle que vous voulez utiliser pour votre mise en page ( voir figure ci-dessous).
    
   
  
  

Figure 39: Configuration de l'impression.

"   utiliser les outils ci-dessous pour la mise en page
    Menu : Layout : Propriétés
    
   
   
Figure 40: Layout properties.


Remarque : La grille ne s'imprime pas sur le document final
    Tous les outils disponibles sont groupés dans une palette. Pour ouvrir la liste des icônes, cliquez et restez cliqué sur l'icône
    
    
Figure 41: Liste des icônes.   

Autres outils d'insertion
    On peut également ajouter des graphiques, des tables, des images (logos…) en utilisant les outils suivants :
    
    
Figure 42: Mode d'insertion de texte.   

Des outils de dessin qui permettent aussi d'améliorer la mise en page :
    
    
 
Figure 43: Mode d'amélioration de la mise en pages.

   Par exemple, si vous désirez ajouter une bordure de finition à une page, utilisez l'outil rectangle dans la palette des outils de dessin
    "   imprimer enfin votre carte
    Une fois la mise en page terminée, cette page de présentation peut être imprimée. A cet effet, il faudra bien vérifier que la mise en place correspond à un format A4, puis aller sur Menu FICHIER : Imprimer ou cliquer directement sur l'icône.
    "   Vous pouvez aussi exporter votre mise en page
    Cette mise en page peut être exportée dans différents formats dont :
    EPS
    WMF
    BITMAP
    ADOBE ILLUSTRATOR
    CGM
    EXEMPLE DE REALISATION D'UNE CARTE A PARTIR DE ARC VIEW
    
    

Figure 44: Exemple d'output après traitement.
    
    
    



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