Aménagement des pêches artisanales
 
Chapitre 1. Démographie
Chapitre 2. Eléments de Statistiques Appliquées pour Ecologues et Aménagistes
Chapitre 3. Méthodes d’estimation de la taille des populations.
Chapitre 4. Age, Croissance et Mortalité 
4.1 Sommaire 
  4.1.1 Détermination de l’âge 
  4.1.2 Croissance 
  4.1.3 Mortalité 
4.2 Objectif 
4.3 Pré-requis 
Chapitre 5. Stock, Production, recrutement
Chapitre 6. SELECTIVITE DES FILETS
Chapitre 7. Transformation et conservation des produits de pêche
Chapitre 8. Exercices d’application
Chapitre 9. Ressources du cours
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4.1.1. Détermination de l’âge

Il existe plusieurs méthodes qui sont utilisées pour déterminer l’âge des poissons. Les méthodes les plus connues sont les suivantes :

  • la lecture des écailles ou scalimétrie pour les poissons à écailles ;
  • la lecture des otolithes ou otolithométrie ;
  • le dépôt chronologique du calcium ou sclérochronologie ;
  • la lecture des rayons osseux ;
  • les fréquences des classes de longueurs ;

4.1.1.1.La scalimétrie

Description de la méthode

Les écailles sont surtout utilisées pour la détermination de l’âge des poissons des eaux des climats tempérées. En effet dans les régions tempérées où les amplitudes thermiques sont très grandes entre l’hiver et l’été, les individus de poissons sont sujets à des croissances différentielles. En été, les eaux sont chaudes (ie beaucoup moins froides) avec température plus élevée favorable à la croissance rapide des poissons ; cette croissance est matérialisée au niveau des écailles et autres ossements (otolithes, rayons osseux) par un espacement régulier des cernes d’accroissement comme l’indique la figure 26. En hiver par contre cet espacement se réduit sensiblement du fait du ralentissement de la croissance corporelle. En effet les basses températures (ou très rudes températures) obligent les poissons à réduire leur métabolisme d’activité au métabolisme de base afin de lutte contre le froid au lieu de s’alimenter convenablement. Le résultat de cette réduction des espacements des cernes est l’apparition d’une zone sombre appelée anneau annuel de croissance comme l’indique la figure 26 ci-dessous. Très souvent les cernes d’accroissement d’été, plus espacées, coupent (ou interrompent) en plein fouet celles de l’hiver et ce phénomène est décrit sous le nom de ‘cutting over’ ; la présence d’un cutting over est, pour le spécialiste de scalimétrie, la confirmation de la présence d’un anneau de croissance annuel. Des presses à écailles peuvent être utilisées pour conserver les écailles. La technique marche pour les espèces des zones tempérées. La photo 5 montre du matériel de lecture des écailles.

En zone tropicale, les températures sont élevées et les amplitudes thermiques ne sont pas très nettes entre les saisons (saison chaude et froide) pour que le poisson présente des anneaux d’accroissement annuels nets sur les écailles. Théoriquement on dit que la croissance du poisson est continue et régulière sur toute l’année en zone tropicale. La méthode la plus utilisée dans la détermination de l’âge des poissons est par conséquent est l’analyse des fréquences des classes de longueurs. Tout récemment les investigations sur l’âge des poissons tropicaux ont démontré que l’otolithométhrie et la sclérochronologie donnent de bons résultats en terme d’âge des poissons tropicaux.

Les types d’écailles

Les écailles sont de plusieurs types comme l’indiquent les photos 1 ; 2 et 3 au paragraphe 111.

  • les écailles ganoïdes/cténoïdes pourvues d’épines sur leur bord postérieur ;
  • les écailles cycloïdes qui sont fines et dépourvues d’épines ;
  • les spinules sous formes d’épines ;
  • les écailles placoïdes sous forme de plaques osseuses;
  • les écailles durcies transformées en écussons.

Photo 5 : lecteurs d’écailles. De gauche à droite une microfiche et un microprojecteur.

Relation longueur de l’écaille et longueur du poisson

Il existe une corrélation linéaire positive entre la longueur de l’écaille et celle du poisson. Les longueurs de l’écaille de chaque année sont déterminées en mesurant la distance verticale allant du centre focal à l’anneau d’intérêt ; la distance verticale est une droite perpendiculaire à une droite horizontale passant par le centre focal et joignant les points de la plus grande largeur de l’écaille. La conséquence de l’existence d’une telle corrélation est la possibilité pour l’investigateur de recalculer les longueurs du poisson quand les anneaux X se formait (ou encore à tout âge du poisson). Cette méthode de rétro calcul est connue sous le nom de ‘back calculation’ Posons donc la relation suivante :

longueur à l’anneau X (S’)/longueur totale de l’écaille (S)= longueur du poisson quand l’anneau X se formait (L)/longueur totale du poisson mesurée à la capture.

On a donc :

S’/S=L’/L d’où L’=(S’/S)*L

Les différentes longueurs obtenues par ‘back calculation’ permettent d’établire une fonction de croissance connue sous de nom de Fonction de croissance de Von Bertalanffy (VBF) que nous décrivons au paragraphe 4.2.1.

Très souvent L’ sous estime la longueur réelle du poisson, surtout les plus grands individus, et est comparable avec le phénomène de Rosa Lee qui explique que dans une cohorte le taux de mortalité des plus grands poissons est souvent plus élevés ; autrement dit cette sous estimation de la longueur fait que les calculs de la mortalité indiquent que les individus plus âgés meurent plus-tôt que leur âge. Il faut donc un terme correctionnel à la formule ; ce terme est obtenu par simple régression linéaire de la longueur du poisson (y) sur la longueur de l’écaille (x). L’intercepte à l’origine représente le terme correctionnel C. L’équation devient alors :

L’-C=(S’/S)*(L-C)

d’où

L’=C+(S’/S)*(L-C)

Figure 26 : Détection des annulis sur une écaille cténoïde (A) et sur une écaille cycloïde (B). On remarque clairement en B le <<Cutting over>> qui confirme la présence d’un annulus annuel. Les chiffres romains I et II en B signifient Age I et Age II comme en A. On remarque l’accroissement rapide pendant l’été (Summer growth) en B. Source Nielsen et al (1983), Fisheries Techniques.

4.1.1.2. Otolithométrie et sclérochronologie

Comme dans la scalimétrie l’âge est lu en se référant aux annulis annuels détectés sur l’otholite (figure 27). L’exploitation des résultats pour le retro calcul des longueurs quand l’anneau X se formait suit la même procédure.

Figure 27 : Identification de l’âge sur l’otolithe de la cape argentée.

Source Nielsen et Johnson (1983), Fisheries Techniques.

Le dépôt de calcium sur les partis dures telles que les otolithes et les rayons osseux peut être suivi de manière chronologique par la sclérochronologie. La dé finition se la sclérochronologie par Panfini et al (2002) est la suivante : <<l a sclérochronologie, discipline qui étudie les pièces calcifiées pour reconstruire l'histoire individuelle des organismes vivants, est essentielle pour la connaissance de la biologie des poissons et la gestion des pêches>> Ces auteurs ont produit un manuel qui est une synthèse actualisée sur les aspects théoriques et pratiques des études de sclérochronologie. Selon eux << ce manuel constitue un guide détaillé pour les chercheurs, techniciens et étudiants novices ou désirant étendre leurs domaines d'expertise>> ; le site suivant donne des informations sur comment se procurer ce manuel :

http://www.ird.fr/editions/catalogue/ouvrage.php?livre=377

Un autre site Wikipedia définissant la sclérochronologie  est le suivant:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Scl%C3%A9rochronologie

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