Aménagement des pêches artisanales
 
Chapitre 1. Démographie
Chapitre 2. Eléments de Statistiques Appliquées pour Ecologues et Aménagistes
Chapitre 3. Méthodes d’estimation de la taille des populations.
Chapitre 4. Age, Croissance et Mortalité
Chapitre 5. Stock, Production, recrutement
Chapitre 6. SELECTIVITE DES FILETS 
6.1 Sommaire 
  6.1.1 Description du matériel de pêche 
  6.1.2 Sélectivité des filets 
  6.1.3 Quelques éléments de la qualité et la productivité des eaux 
  6.1.4 Cogestion des pêches 
  6.1.5 Notions sur les maladies des poissons 
6.2 Objectif 
6.3 Pré-requis 
Chapitre 7. Transformation et conservation des produits de pêche
Chapitre 8. Exercices d’application
Chapitre 9. Ressources du cours
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6.1.3. Quelques éléments de la qualité et la productivité des eaux

6.3.1. Qualité physico-chimique et biologique

La qualité physico-chimique

Comme exemple d’évaluation de la qualité physico-chimique des eaux on peut considérer la stratification thermale des eaux. En effet on peut étudier par exemple la stratification thermale des plans d’eau en essayant de faire une corrélation entre la température et la profondeur du lac ou encore la teneur en O2 dissous en fonction de la profondeur. Pour cela, on dispose d’un oxymètre permettant de mesurer la température et l’oxygène ; l’appareil doit être muni d’une sonde et une corde/rallonge suffisamment longue. La rallonge de la sonde est graduée permettant de mesurer la température et l’oxygène dissous à différentes profondeurs par progression de 15 ou 20 cm de la surface vers le fond de la retenue d’eau.

On peut aussi utiliser le disque de Secchi (photo 8) pour estimer la transparence de l’eau et partant de là la profondeur de la pénétration de la lumière solaire dans l’eau : l’intensité et la qualité spectrale de la lumière baisse au fur et à mesure qu’elle pénètre dans l’eau. En eau pure on estime qu’à peu près 53% du rayonnement incident sont absorbés dans le 1 er mètre.

En d’autres termes la température de l’eau baisse avec la profondeur. La transparence de l’eau est mesurée par le disque de secchi. Ce disque indique la profondeur à laquelle la lumière est transmise.

En plus de la stratification de la teneur en o2 en fonction de la profondeur, on peut aussi étudier l’évolution de l’02 dissous sur une période de la journée. Si l’étude est menée sur un cycle de 24 heures, on parle de cycle nycthéméral.

Photo 8 : Matériel d’étude de la qualité de l’eau : de gauche à droite le disque de Secchi, la benne géologique de fond, la bouteille Lamotte avec le leste en plomb, le rouleau de fil pour conduire le matériel en profondeur.

Théoriquement en étang de barrage ou de pisciculture, l’02 dissous connaît 1 minimum pendant les premières heures de la journée (vers 6 heures) et tard le soir (vers 18 heures) et se prolonger dans la nuit. Le maximum de teneur est observé dans l’après midi vers 14 heures où le rayonnement incident est important et permet une activité photosynthétique maximale. La production d’02 photosynthétique est alors à son maximum à 14 heures. On notera que les sources d’02 en étang de barrage sont diverses : photosynthèse, vent par le phénomène d’interface, apport en eau, etc.

En étang, le pH peut être modifié par l’activité photosynthétique par les eaux chaudes : la photosynthèse utilise le C02 de l’eau en temps ensoleillé et entraîne par conséquent une élévation du pH.

La qualité biologique des eaux

Le plancton est constitué de la microflore aquatique ou phytoplancton et de la microfaune aquatique au zooplancton. Les petits poissons se nourrissent de phytoplancton et de zooplancton. Le plancton est très important pour l’alimentation de la majeure partie des espèces de poissons dès les premiers stades de développement. Il y a autant sinon plus d’espèces de plancton qu’il y a d’espèces animales et végétales sur la terre ferme.

Exemples de phytoplancton :

- algues bleues : spirulina, Merismopedia, Lymbya

- Euglènes : Euglena, Phacus

- Algues vertes : Volvox, Chlorella, Closterium

- Diatomées : Navicula, Amplora

Exemple de zooplancton : Daphia, Vorticella, Keratella, Bosmina

L’échantillonnage du plancton se fait à l’aide d’un filet à plancton ou de plaquettes de bois immergés.

Le comptage peut se faire à l’aide d’une grille micromètre comportant des lames sedgewick-rofter. Le matériel utilisé aux USA est le counting-chamber.

Méthode d’estimation de la production primaire

Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour l’estimation de la productuon primaire.

* La plus fondamentale et très exacte qu’on utilise est la mesure de la chlorophylle a.

On recueille le phytoplancton qu’on introduit dans une centrifugeuse à 3000 tours/mm ; ce qui va entraîner la séparation de la chlorophylle a de la b. La chlorophylle a est la plus utilisée en photosynthèse, plus elle est importante, plus la production primaire est importante.

* L’utilisation de 2 bouteilles noire et blanche : on suppose qu‘initialement la teneur d’oxygène dissous est la même dans les bouteilles, un déficit d’02 dans la bouteille noire exprime une utilisation d’02 par les organismes pour la respiration tandis qu’une élévation d’02 dans la bouteille blanche est la conséquence de la production d’02 par la photosynthèse.

On définit la production en mgO2/l = LB-DB

LB = bouteille blanche

DB = bouteille noire

Tableau 14 : Conservation des échantillons

NATURE

CONSERVATION

DUREE

Acidité & alcalinité

Demande biochimique d’02(DBO)

Dioxyde de carbone

Demande chimique d’02

Oxygène dissous

Dureté totale

Nitrate

Orthophosphate soluble

Phosphore total

Matière organique en suspension

chlorophylle -a

4°c

4°c

4°c

Ajouter 1 ml d’H2

Concentré (l d’eau)

Fixer immédiatement l’02 dissout sur le site

Ajouter 1 ml d’HN03 par l. d’eau ou garder l’échant

4°c ou 1 ml H2S04/l. d’eau

4°c

4° c

4°c

4°c

24 h

6h

2h

7 jours

6 h

7 jours

24 h

2h

7 jours

12 h

12 h

On pourrait utiliser une multisonde capable d’enregistrer beaucoup de paramètres : 02, T°, pH, turbidité, alcalinité, conductivité électrique.

6.3.2. Quelques principes de production en écologique aquatique

Les recherches bibliographies permettent d’énoncer quelques principes de production en écologie aquatique comme suit :

  • Les animaux aquatiques sont directement ou indirectement dépendants des plantes pour leur nourriture. Ex. : le Tilapia dépend directement du phytoplancton tandis que le capitaine adulte dépend du tilapia donc indirectement du phytoplancton ;
  • Les potentialités du milieu aquatique à produire des plantes dépendent du climat (lumière solaire), la T°, l’02 et les nutriments (éléments minéraux dissous dans l’eau) ;
  • La fertilité d’une eau naturelle dépend beaucoup de la fertilité de son substrat, et du bassin versant sur lequel elle a coulé ;
  • On peut élever la fertilité d’une eau par apport de fertilisants organiques ou inorganiques ;
  • Le phytoplancton est le 1 er et le principal producteur primaire en milieux aquatique (océan, lac, étang…) ;
  • Une longue chaîne alimentaire entraîne de grandes pertes d’énergie tandis qu’une courte chaîne permet une production de poisson plus importante ;
  • La capacité de charge/unité de surface diffère selon les espèces et du niveau trophique auquel elles appartiennent ;
  • Sur une courte période la densité et le poids final peuvent être corrigée par réajustement du nombre stocké ;
  • Sur une longue période la densité et le poids final sont contrôlés par : la reproduction, la disponibilité en sites de reproduction, la prédation, la mortalité naturelle, la récolte (pêche), les facteurs climatiques ou environnementaux, la disponibilité d’une nourriture adéquate ;
  • Le poids maximal d’une espèce peut être atteint par la monoculture en étang. Le poids final est influencé par le temps d’élevage, le taux de croissance et le type d’aliment utilisé ;
  • Le poids maximal par unité de surf est atteint par la polyculture de plusieurs espèces de régimes alimentaires différentes ;
  • La présence d’une espèce piscivore en pisciculture baisse le nombre total produit mais élève le poids moyen des individus de l’espèce non pédiatrique ;
  • En présence d’une nourriture abondante une population tend à proliférer jusqu’à atteindre la capacité de charge du milieu ;
  • La quantité de nourriture demandée pour le maintien de 5 Kg de poisson pendant une année est approximativement égale à la quantité demandée pour porter la croissance de 5 poissons du stage de fraie (ie 0,1 g de poids moye individuel) jusqu’à ce qu’ils acquièrent le poids moyen de 1 Kg chacun ;
  • La capacité de charge d’une eau peut-être accrue/ apport total ou partiel d’aliments ;
  • La distribution d’une ration de maintien n’a aucun avantage biologique ou économique. Un nourrissage abondant n’est pas pratique et est déconseillé ;
  • Des taux de nourrissage de 1,5 à 5% par jour (le plus faible taux étant appliqué aux individus plus âgés) sont généralement les plus conseillés en pisciculture ;
  • Les déchets résultant des aliments non consommés ou consommés sont des pertes. Les pertes limitent les quantités d’aliments à distribuer en étang ;
  • Un aliment de qualité contient des protéines pour la fabrication de la chair, des lipides pour l’énergétique (lipides, carboxylases) et des minéraux pour la construction et la régulation, des vitamines pour la régulation, des fibres ;
  • La quantité & la qualité des aliments influent sur l’importance des pertes, la santé du poisson, les taux de croissances, les coûts de production ;
  • Les taux de croissance des poissons varient beaucoup avec la quantité de nourriture et d’aliments disponibles, la qualité de ces aliments, la température, la qualité de l’eau, les pertes d’aliments, la santé des individus, les potentialités génétiques de croissances ;
L’augmentation de la profondeur des étangs de pisciculture (généralement cette profondeur est approximativement de 1-1,5m) tend à baisser plutôt qu’à la maximiser la production de poissons.
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