L'art africain dans la littérature orale accueil

Les masques chez les Gurunsi (lyélé, Nuni)

Parmi les Gurunsi les Léla, Winiama, Nuna et Nunuma sont les principaux sculpteurs de masques de leurs voisins Mossi et Bwa. Les Sissala qui sculptaient autrefois n'utilisent plus de masques aujourd'hui. Les masques représentent des esprits de la brousse ou des esprits prenant la forme d'animaux. Les principaux animaux représentés sont l'antilope, le buffle, le phacochère, le calao et le serpent.

Certains masques représentent des esprits qui ne ressemblent à aucun animal reconnaissable.Quel que soit leur type les masques ont généralement de gros yeux globuleux entourés de cercles concentriques, un museau assez court pour les animaux, et une bouche grande et protubérante pour les êtres plus abstraits. Ils sont toujours couverts de motifs géométriques le plus souvent colorés en noir, rouge et blanc, et sont repeints chaque année, sauf chez les Winiama. Certains sont surmontés d'une planche.

masque phacochère nuna masque buffle masque  lame winiema
Masque phacochère nuna Masque buffle nuna masque lame winiema

 

Les styles

Les Nuna et Nunuma sculptent des masques animaux et des masques à planche. La tête des animaux est assez stéréotypée, seule la forme des cornes et des oreilles permettent de différencier les animaux. Le masque est souvent bordé de petits triangles soulignés de rouge. Les yeux sont soit entourés de cercles concentriques noirs et rouges, soit faits de graines rouges incrustées dans de la cire d'abeille.

Certains masques sont surmontés d'une planche courte et large orné de cochets, parfois sur les deux faces, ainsi que de motifs géométriques gravés en bas-relief, dont l'agencement est assez complexe. Le rythme de la planche est brisé par des figurines sculptées entra la tête du masque et la planche ou au sommet de la planche. De nombreux masques sont surmontés d'une grande statue.

Des lignes parallèles noires et blanches rayonnent parfois à partir des yeux, toujours droites chez les Nunuma, parfois courbes chez les Nuna.

Les masques Winiama et Léla sont plus abstrait et plus géométrique. Sur les masques Winiama comme sur ceux des Nunuma, des lignes rayonnent des yeux et les mêmes motifs géométriques, agencés différemment sont également peints en rouge, noir et blanc. Ainsi certains masques Winiama ont été attribués par erreur aux Nunuma ou aux Bwa. Les Winiama sculptent plusieurs types de masques surmontés d'une ou de deux " cornes " plates que l'on voit rarement chez les Nunuma et jamais chez les Bwa. La bouche généralement en losange, a des lèvres épaisses et des dents bien marquées. La stylisation des masques Winiama rend généralement impossible l'identification de l'animal représenté.

Les masques animaux des Léla sont très proches de ceux des Mossi du sud-ouest, plutôt petits, sont hémisphériques et comportent les attributs de l'animal représenté, cornes et oreilles. Les motifs ugi et non gravés en bas-relief. Leurs compositions géométriques sont imprimées au fer roest plus simple que celle des masques Nuna.

Comme les autres les Winiama peignent les masques qu'ils viennent de sculpter, mais contrairement aux autres gurunsi ils ne les repeignent pas chaque année, si bien que les motifs géométriques sont parfois difficilement lisibles. Les personnes interrogées disent que de tels masque, sombres représentent les esprits malveillants de la brousse, qui comme les humains anormaux sont sales et négligés. Les masques se portent soit devant le visage, et le danseur respire par la bouche du masque (Nuna, Nunuma, Winiama) soit incliné sur le front (Léla).

Ils sont toujours accompagnés d'un costume de chanvre de Guinée, et lorsqu'il s'agit d'un quadrupède le danseur tient deux bâtons figurant les pattes avant.

Outre son aspect physique, l'individualité de chaque masque s'exprime par sa danse. Les masques animaux imitent le comportement de l'animal représenté de manière schématique mais expressive : par exemple, au village Nunuma de Tissé le phacochère court rapidement autour de l'air de danse, galopant souvent dans de grands nuages de poussière soulevés par ses ébats. Dans la plupart des spectacles Nunuma, un ou deux masques singes sont chargé de contrôler la foule. Portés par des jeunes gens renommés pour leurs talents d'acteurs, ils minent souvent les actions des hommes par des danses paillardes qui arrachent aux spectateurs des tonnerres de rires et d'applaudissements. Le masque Winiama kêduneh incarne un esprit sauvage et incontrôlable, qui tombe fréquemment dans des transes effrayantes. Les spectateurs le craignent et reculent à son approche car il frappe souvent rudement tous ceux qui entravent son chemin.

Les fonction des masques
Les masques représentent des esprits protecteurs qui apportent à la famille, au clan ou à la communauté santé, fertilité et prospérité lorsque les règles propriétaires sont correctement suivies. Tout événement inhabituel entraîne généralement la consultation du devin qui conseille souvent de sculpter un masque à l'effigie de l'esprit mis en cause. A la mort du propriétaire du masque, le masque est donné à son fils, soit déposé dans la case des esprits du lignage où il se dégrade lentement.

Si des années plus tard le devin recommande de sculpter un nouveau masque identique le forgeron se charge du travail et copie l'ancien masque, qui est alors souvent vendu à un antiquaire. La saison sèche est ponctuée de nombreux événements rituels et profanes auxquels les masques participent.

Les masques dansent une fois par an pour protéger la communauté. Ils sont présents à l'enterrement et à la levée de deuil des anciens. Tous les sept ans les masques les plus sacrés assurent la prospérité du village. Ils jouent également un rôle important lors de l'initiation qui a lieu tous les trois, cinq ou sept ans. En outre un problème particulier peut justifier la sortie des masques à n'importe quel moment de l'année. Enfin les masques wamu dansent les jours de marché pour distraire les gens, mais les masques sacrés wankr ne participent jamais aux fêtes de divertissement.
webmaster: Abdoul Azize Kindo