Chapitre VI. Notion d'esthétique classique
L'une des tendances majeures de l'esthétique moderne consiste à mettre en évidence la qualité concrète de l'œuvre d'art.
L'esthétique grecque antique, dite classique, était avant tout une théorie du beau : en révélant et en définissant ce concept du beau, elle a fixé les canons qui sont devenus classiques dans les civilisations occidentales, puis dans celle que l'Occident a plus ou moins influencées par le monde. L'idée transcendantale qui fait ainsi du concept de beauté une valeur artistique est non pas une loi méthodologique, mais un concept qui se veut positif et universel. Les concepts idéalistes de ce type caractérisent bien la sphère spirituelle occidentale.
La Poétique d'Aristote montre cependant que la réalité concrète de l'art n'est pas étrangère à la pensée grecque antique. L'esthétique ne se limite pas à la sphère culturelle grecque. C'est pourquoi l'esthétique classique, acculée par la phonologique des arts que ne régissent pas les canons grecs de l'esthétique, est plus ou moins contrainte de mettre en évidence, sur le plan artistique, l'esthétique de l'intéressant, du curieux, de l'agréable, etc. Cette situation a fait des arts nègres, d'abord des arts primitifs, puis ensuite des arts intéressants, curieux ou agréables.