A l'exception des Gurmantché et des Lobi, tous les peuples du Burkina sculptent des masques. Les matériaux utilisés et les techniques de base sont partout similaires.La plupart des masques sont réalisés et dans des bois tendres à grain fin, faciles à travailler, comme le fromager ou faux kapokier (Ceiba pentandra). Ce bois suffisamment léger permet la confection de grands masques qui devront être portés lors des danses athlétiques, mais il a l'inconvénient d'être très sensible à la destruction par les incestes. Aussi chaque année après l'engrangement des récoltes les masques sont-ils plongé pendant plusieurs semaines dans la rivière ou le marécage pour éliminer les parasites.
Presque tous les masques sont sculptés d'une seule pièce. La sculpture nécessite parfois des arbres d'une bonne dimension, et le nombre de tels arbres se restreint dans le centre du pays car de très nombreux masques ont été et sont encore sculptés, tant pour l'usage traditionnel que pour la vente aux touristes. Les artistes sont donc souvent obligés de parcourir de longues distances pour trouver un arbre adéquat.
Contrairement à ce qui a parfois été rapporté, ni le kapokier ni le baobab ne servent pour la sculpture, car leur grain est trop grossier et manque d'homogénéité. Les masques sont généralement portés avec un épais costume de fibres de chanvre de Guinée (Hibiscus cannabinus ou Canabinus indica), appelé da en Dioula, dont les plans cultivés parmi les champs de mil sont récoltés juste avant la saison des masques. Des fagots de branche sont immergés dans un marécage où on laisse pourrir la moelle et l'écorce pour ne garder que les fibres ligneuses. Avant de préparer en noir et en rouge. Le noir est extrait de cosses fermentées de gommier tandis que le rouge provint d'une partie des tiges du mil (Penisetum colorants). Certains fils sont tordus pour former des cordelettes dont on fait une sorte de filet à larges mailles qui sert de base au vêtement. Des bouquets de fibres non tressées sont ensuite attachés au filet, formant un manteau touffu nommé" fourrure du masque ", wankuro, par les Nuna. Une collerette des mêmes fibres, fixée autour du visage de bois complète généralement l'habillement du danseur. Le plus souvent ce costume dissimule totalement le corps du danseur, mais quelquefois il s'arrête aux genoux. Les costumes normalement remplacés chaque année sont confectionnés par les jeunes initiés. Pendant les périodes de sécheresse, quand il n'y a plus assez d'eau dans les marécages pour traiter les fibres, on réduit le nombre de danseurs ou bien on garde les costumes de l'année précédente qui sont alors bien défraîchis. La majorité des masques sont ornés de motifs géométriques soit gravés en bas-relief, soit pyrogravés.
Ces dessins sont souvent peints en blanc, rouge et noir,à l'aide de pigments minéraux, végétaux et animaux. Le blanc est appelé opuni par les Bwa. Tous les Bwa, Mossi et Gurunsi les confectionnent à partir d'excréments de lézard (Mossi ou du serpent sacré (Bwa) que l'on recueille dans les terriers ou les nids. Le blanc (moderne " s'obtient en pilant de la craie. Le rouge, boré en bwamu, provient de pierres riches en hématite, réduites en poudre. Deux colorants noirs sont employés. Le " noir mince ", bobriay en Bwamu, est simplement de la poudre de charbon de bois ; peu coûteux il est utilisé partout. Les Bwa se servent aussi d'une teinture plus onéreuse appelée gbonkahû. On l'obtient en faisant bouillir longuement des cosses de gommier (acacia nilotica) qui donnent une décoction épaisse et bitumineuse. A l'exception du " noir épais ", les autres colorants sont des poudres. Pour les appliquer, on les mélange avec un liant, gomme récoltée dans les acacias, ou œufs. Chaque année au début de la saison des danses les masques sont repeints par les jeunes initiés car les couleurs se sont effacées au cours du bain destiné à éliminer les parasites. Seul le noir bitumineux résiste à l'eau et l'épaisseur de la couche noire des masques Bwa peut en déterminer l'ancienneté. Il est cependant nécessaire de rester prudent sur ce point car l'application artificielle de couleur " pour faire vieux " peut aisément tenter un " antiquaire " indélicat. Actuellement les masques sont parfois colorés avec des peintures européennes mais ceci ne prouve pas nécessairement qu'un masque soit neuf, pas plus que l'épaisseur de la couche noire n'en démontre l'ancienneté. Par exemple, les Bobo emploient les couleurs européennes depuis des décennies, et beaucoup d'anciens masques Winiama et Nuna ont été repeints récemment.
On peut noter que jusqu'en 1983 le drapeau de la Haute Volta portait trois bandes horizontales aux couleurs traditionnelles, rouges, noir et blanc.
Dans tous les bassins des Volta, chaque famille possède ses propres masques qui sont réalisés par des sculpteurs membres des clans de forgerons.
Les différentes cérémonies nécessitant la présence des masques sont organisées par les familles, et les jeunes gens utilisent habituellement les masques de leur père.
La saison sèche est ponctuée de très nombreuses manifestations masquées, et les danseurs viennent parfois de loin pour assister à une cérémonie familiale ou clanique. Les masques participent aux cérémonies propitiatoires et initiatiques ainsi qu'aux événements familiaux, funérailles et levées de deuil. Ils dansent aussi très souvent pour le simple divertissement des spectateurs, les jours de marché par exemple.